Adrien Toubiana
Adrien Toubiana est un photographe indépendant Parisien. Il travaille essentiellement pour des magazines et des agences publicitaires tels que Télérama, le Monde magazine, Faux Q, BETC, Agence H, Angie, etc.
Pour le connaître un peu plus nous lui avons posé quelques questions, à découvrir dans la suite !
1. A quel moment as-tu commencé à faire de la photo ?
J'ai commencé la photo vers 14 ans. Je ne sais plus d'où m'est venu l'idée mais j'avais envie d'avoir un appareil photo. Un ami de mon père, le photographe Paulo Nozolino (Agence VU), m'a aidé à choisir mon premier appareil, c'était un gros reflex 24x36 qui pesait très lourd - un Nikon F2 avec un 35mm, un boitier beaucoup utilisé par les reporters pendant la guerre du Vietnam - , il m'a aussi fait acheter de la pellicule noir et blanc Tri-X 400 qu'il m'aidait à développer et à tirer dans son labo noir et blanc. J'ai commencé par prendre mes amis et ma famille en photo.

2. Qu'est ce qui te permet de te démarquer dans ton travail ?
Me démarquer est une chose à laquelle j'essaie de ne pas trop penser même si c'est inévitable. Je pense que la meilleure façon de se démarquer est de se diriger vers ce qui nous attire le plus. Mettre tous les moyens en œuvre pour obtenir l'image qui va nous satisfaire, l'image que l'on aura envie de garder avec soi.
La vraie difficulté c'est de ne pas partir dans tous les sens. Si l'on veut que son travail soit accessible il faut mettre de l'ordre dans ses productions et ne présenter que ce qui fera sens par rapport au reste de son travail.

3. Tu travailles pour des grandes agences de pub, pour la presse et des magazines. Comment ça se passe en général avec le client ?
La plupart du temps ça se passe bien. C'est une position délicate dans laquelle il faut satisfaire les attentes du client tout en conservant assez de distance pour garder un regard critique sur ses demandes.

4. Comment en es-tu venu à travailler pour eux ?
En sortant de l'école j'ai décroché mon téléphone et demandé des rendez-vous dans les magazines avec les responsables photo, dans les agences de pub avec les acheteuses d'art et les directeurs artistiques. Il faut souvent rappeler plusieurs fois et envoyer plusieurs mails étant donné la quantité de sollicitation que ces gens reçoivent.
5. Sur ton site, on peut voir des séries de photographies, ce sont tous des projets personnels ? Comment conçois-tu une série ?
Oui ce sont des projets personnels, les séries que l'ont peut voir sur mon site ont toutes l'ambition de décrire un univers par lequel j'ai été attiré. Par curiosité ou par fascination, j'ai l'envie de voir ces univers par moi-même et d'en rapporter quelque chose. La casquette de photographe est aussi un prétexte pour s'inviter chez les gens et faire des rencontres inhabituelles. L'impulsion de départ peut être une simple rencontre imprévue, comme par exemple pour la série Motocross à Ahoy, Rotterdam quand je suis tombé sur un groupe de jeunes gens tatoués qui prenaient leur petit déjeuner dans le même hôtel que moi et qui ont accepté que je les suivent pendant leur show. Le sujet peut aussi être prévu et documenté à l'avance, comme c'est le cas pour Transcendental Meditation.


6. Avec quel matériel travailles-tu et comment procèdes-tu en général ?
J'utilise la plupart du temps un Mamiya RZ67 avec de la pellicule Kodak 160NC. Le matériel que je choisis d'utiliser conditionne énormément la nature de mes images, non seulement par son rendu (appareil qui permet d'être très précis et d'avoir beaucoup de détails), mais surtout par son fonctionnement. Deux facteurs qui jouent beaucoup sur le déroulement de mes séances photos, le premier est le choix de la pellicule par rapport au numérique, ce choix impose une économie du nombre de prises de vue, il faut donc bien choisir ce que l'on veut photographier et avoir dans le cadre avant d'appuyer sur le déclencheur. Le second facteur est la taille et le poids de l'appareil qui rendent son utilisation impossible sans trépied, ce qui implique encore une fois de savoir ce que l'on veut photographier avant de sortir l'appareil. Tous ces facteurs laissent peu de place à la spontanéité, et figent le temps avant même que la photo soit prise.
7. Un petit mot pour la fin ?
Oui, je choisis le mot " Tour Eiffel ". Je sais ça fait deux mots...
