56 Pesos
Denis Larzillière est réalisateur. Il vient de terminer le court-métrage "56 Pesos", un film qui mélange live-action, 3D et compositing... Voici un interview ainsi que des photos illustrant son travail.
Qui es-tu?
Denis Larzillière, 26 ans. Je viens de terminer mes études à l'ENSAD. Je réalise des courts métrages depuis 7 ans, mon but est de réaliser un long métrage le plus tôt possible.
De quoi parle ton film : 56 Pesos? Et quel type/genre de film est-ce exactement ?
56 Pesos parle d'une traque mais c'est également une sorte de voyage initiatique. Il s'agit d'un western mais le traitement narratif et visuel est plutôt atypique (tous les décors ont été créés en post production). Je reprends des codes classiques (comme les duels ou les scènes de saloon) en y incorporant une touche d'humour noir et d'ironie. Les personnages sont iconiques comme s'il s'agissait d'une bande dessinée ou d'un jeu vidéo.

Comment est née cette idée/ cette envie de faire un western, aussi moderne soit-il? Pourquoi es-tu attaché à ce genre?
En fait je suis fan de films de genres en général et pas spécialement de western. Je pense mes films directement en termes de découpage et de cadrage c'est par cela que les films de Sergio Leone ou de Sam Peckinpah m'ont beaucoup influencé principalement dans leur approche de la violence graphique.
Comment s’est passé la relation entre tes différents collaborateurs? Comment avez vous abordé le travail? Avec les acteurs? Le compositeur? Le directeur artistique?
En fait 56 Pesos est la suite d'un premier court métrage (55 Pesos, qui fut une sorte de "brouillon"), du coup j'avais déjà une partie de l'équipe technique déjà formée. Dans les nouveaux venus j'ai surtout rencontré mon chef opérateur Thomas Garret qui a tout de suite compris ce que je désirais en terme de lumière et Clément Mourguet qui m'a énormément aidée durant toute la préparation du film. C'est le cinquième film pour lequel je travaille avec le compositeur Maxence Riffault, du coup on a des automatismes et il connaît mes goûts. Cela fait également plusieurs films (Fatal Warriorz, 55 Pesos...) où je travaille avec le réalisateur 3D Willy Le Bleis qui n'est pas qu'un simple technicien mais un vrai créatif qui n'hésite pas à proposer des idées pour améliorer le film. Guillaume Geynet, le directeur artistique, est un ami de longue date, il avait déjà officié à ce poste sur 55 Pesos.
Du coup pour 56 Pesos on s'est concentré à gommer les défauts du premier et à créer un univers plus dense et plus varié, il s'est occupé de créer tous les fonds du film. Pour les comédiens c'est un mélange de comédiens avec qui j'avais déjà travaillé (Elodie Bouleau), d'acteurs que j'ai casté et de comédiens non professionnels.

Pourquoi associer des techniques aussi diverses : le compositing, la 3D? Je crois même que tu a peins toi même certains fonds que l’on peut voir dans le film… Comment a tu procédé?
Le film est vraiment un mélange de techniques différentes. Avec Guillaume Geynet on a fait tellement de tests que je ne pourrais plus dire comment certains plans ont été faits... En gros chaque plan était story bordé de manière précise. J'ai filmé des encres dans différent liquides pour avoir des effets de suspension, Guillaume à fait des sortes d'estampe en lavis qu'il à ensuite scanné. Il s'est occupé du compositing sur la plupart des plans. Willy a fait la 3D de son côté, elle à été intégrée au film à la fin. J'ai moi même géré le montage, l'incrustation et l'étalonnage.
Quel avenir pour 56 Pesos?
Avec Terrain Vague nous venons de le mettre sur internet. Je pense que, vu sa durée (14 min) et le ton sombre du film il trouvera mieux sa place en festival. Je prépare actuellement une version sous titrée anglais pour une diffusion internationale.
Quelles sont tes sources d’inspiration, tes références ?
Les films gore old school, le cinéma asiatique barré, les mangas, les comics, les polars, les vidéo clips, les pubs et surtout observer les gens.

Vers quoi tu te diriges ? Plus dans le clip? la fiction ? Le long-métrage?
En termes de réal je suis à 100% dans la fiction pour aboutir à un long métrage. Le clip et la pub m'intéressent mais plus comme des terrains d'expérimentations stylistiques et d'exercices de styles, ce que je veux au final c'est raconter des histoires et donner des crampes d'estomac aux spectateurs...
Des projets sur le feu ?
Oui, un clip et plusieurs films en cours d'écriture.
Un mot pour terminer ?
Poivron.
Vous pouvez voir le film sur le site de Terrain Vague dans la rubrique Film ici.

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